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Extension de Piau-Engaly : liaison ou création ?

, le magazine de la montagne et des Pyrénées, a publié, dans son numéro de mai/juin 2011, un article sur le projet d’UTN. Ils nous ont autorisé à le publier sur le blog.
Respyr mai juin 2011

Le projet d’extension de la station de Piau-Engaly fait couler beaucoup d’encre. En effet, il s’agirait de créer un accès à la station depuis la sortie nord du tunnel de Bielsa afin de faciliter l’accès à la la station à la clientèle espagnole.

Le projet prévoit donc d’importants travaux d’infrastructures pour permettre cette liaison : aménagement de parkings, déviation de la RD 173, construction de locaux techniques et commerciaux au niveau de la bouche nord du tunnel. Puis, dans les vallées de Saux et de la Géla, trois remontées sortiront de terre : deux télésièges débrayables pour franchir la Hourquette des Aiguillettes et un autre téléporté à travers la vallée de la Géla pour se connecter à Piau-Engaly.

L’aménagement du secteur ne se fera pas sans la construction d’une piste pour les travaux, le creusement d’une retenue d’eau pour l’enneigement artificiel et le terrassement des futures pistes de ski. Enfin, un restaurant d’altitude situé sur la Hourquette viendra compléter les aménagements.

Au final, ce serait 10 km de pistes supplémentaires offrant moins de 400 m de dénivelée, qui seraient créés dans ce secteur, sachant qu’aucune piste ne permettrait la liaison avec le domaine actuel de Piau-Engaly car l’envers Sud du pic de Piau est infranchissable.

Le coût de l’opération est chiffré à près de 60 millions d’euros, financé par la société Aramon* (53 millions) et le conseil général des Hautes-Pyrénées (6 millions pour l’aménagement des parkings, dont le prix visera à dissuader les skieurs français de passer par cet accès).

Quand on constate qu’une telle opération est financée à près de 90% par la société Aramon, on se dit qu’il y a forcément quelques anguilles sous roches.

Rappelons qu’Aramon est une société mixte détenue en partie par le gouvernement d’Aragon et des capitaux privés. S’il s’agit réellement de faciliter la venue des skieurs espagnols sur Piau-Engaly, 60 millions d’euros pour gagner 12 km et 15 à 20 minutes de trajet en voiture, ça fait vraiment beaucoup pour le gain de temps et le massacre de deux vallées, dont une en bordure du parc national qui plus est, dans le périmètre d’une zone classée par l’Unesco (photo ci-dessous : les murailles de Baroude).

Muraille de Barroude - Pyrénées - photo de Bruno Serraz

S’il s’agit de développer la vallée d’Aure, il y a fort à parier que les porteurs du projet n’ont pas bien pris en compte l’impact d’une telle opération. Les objectifs d’Aramon, à travers cet aménagement, sont de développer le tourisme hivernal dans la vallée du Sobrarbe, de l’autre côté du tunnel ; et de rentabiliser les opérations immobilières qu’on a tous vues sortir de terre en allant faire notre plein d’essence à Parzan.

Avec une telle liaison et les aménagements prévus, il ne faut pas avoir fait HEC pour deviner que les Espagnols ne loueront plus leur matériel et ne consommeront plus à Piau. Ils iront au plus simple et au plus près. De même, ils logeront versant espagnol et non plus dans la vallée et sur Saint-Lary. C’est tout l’emploi dans la vallée d’Aure qui en sera pénalisé.

De même, l’intérêt sportif d’une telle extension est très limité. Les pistes proposées restent isolées du reste de la station, à laquelle elles ne seraient reliées que par une remontée à prendre à l’aller comme au retour, avec les risques d’attente, de fermeture en cas de vent…

Il est donc difficile d’imaginer qu’Aramon se contenterait de 10 km de pistes et n’aurait pas des vues pour aménager tout le secteur de Bataillence. En prétextant faciliter l’accès à Piau aux Espagnols, on aurait affaire à la création d’une nouvelle station. Une telle conclusion serait catastrophique pour la vallée d’Aure, qui y perdrait de façon irréversible de magnifiques paysages et rapidement de nombreux emplois reposant à ce jour sur la clientèle espagnole.

C’est pourquoi nous espérons qu’avec la nouvelle présidence à la tête du conseil général des Hautes-Pyrénées, les politiques sauront ouvrir les yeux et écouter le mécontentement des populations de la vallée d’Aure. Sans être contre l’extension des domaines skiables quand ils restent dans l’emprise de la station, comme le téléski du Glacier à Saint-Lary, celui de Montserrat à Puigmal ou encore le télésiège de Mansedre à Ax-3-Domaines, nous considérons qu’à l’heure du réchauffement climatique, ce type d’aménagements irréversibles va à l’encontre d’un développement durable de l’économie en montagne.

Le samedi 4 juin, le comité régional des Caf de Midi-Pyrénées, avec le concours de l’association Sauvons la Géla organise une découverte de la vallée de la Géla.

Le comité régional des Caf de Midi-Pyrénées appelle à un rassemblement le jeudi 16 juin, devant la préfecture de région à Toulouse, place Saint-Étienne à 15 heures, lors de la réunion du comité de massif qui doit donner un avis sur l’extension de Piau-Engaly.

RESPYR – mai/juin 2011

* NDLR :  Le financement serait plutôt réalisé par le gouvernement d’Aragon

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3 Réponses de “Extension de Piau-Engaly : liaison ou création ?”

  1. le gars du 65 dit :

    stop les stations,
    ski de rando, raquettes, splitboard…

  2. Jean François dit :

    Très bon article. C’est aussi mon point de vue. Il n’y a pas de logique de ski entre Piau et le Tunnel de Bielsa. Ce projet est le Cheval de Troie d’Aramon pour investir Bataillence et Pinara et donner au Sobrabre le domaine skiable qu’ils attendent. Il est évident que si Aramon avait annoncé ses intentions d’ouvrir une nouvelle station au Tunnel il n’aurait pas obtenu le soutien des élus du versant français.

  3. Raynaud Gérard dit :

    je salue la grande pertinence de cet article; à mon avis le volet économique de cette affaire est au moins aussi important que l’aspect environnemental.
    c’est peut être lui, s’il est bien défendu, qui pourrait alerter les décideurs et amener un avis défavorable.

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