Le vallon de Saux et la vallée de la Gela sont deux zones pastorales d’importance, gérées par la Commission syndicale Saux-La Gela. On assiste chaque année, tant pour les bovins que pour les ovins, à des transhumances sur ce secteur.
Sur le premier site paissent près de 1800 brebis l’été tandis que sur La Gela, ce sont plus de 360 vaches qui séjournent de juin à septembre de part et d’autre de la Neste. Elles sont ensuite remplacées par les brebis en fin de saison.
Loin des scènes folkloriques qui sentent bon le terroir, la montée en estive se justifie pour libérer les prés du bas de vallée permettant de produire du foin pour l’hiver. La pâture permet de plus d’entretenir les terrains et d’éviter qu’ils ne se referment (emprise de la forêt, envahissement des fougères, genévriers, ronces).
Il s’agit d’une tradition séculaire (les lettres de patente accordant la propriété des terres de Saux et de La Gela aux communes de Guchan et Bazus-Aure datent de Henri IV) que l’UNESCO et sa zone Patrimoine Mondial (Pyrénées Monte Perdido) entendent bien conserver.
Ne lit-on pas dans le descriptif de cette convention du patrimoine mondial :
« Ce site est également un paysage pastoral qui reflète un mode de vie agricole autrefois répandu dans les régions montagneuses d’Europe. Il est resté inchangé au XXe siècle en ce seul endroit des Pyrénées, et présente des témoignages inestimables sur la société européenne d’autrefois à travers son paysage de villages, de fermes, de champs, de hauts pâturages et de routes de montagne. »

L'arrivée des blondes en vallée de La Géla
Puisque l’argument principal des promoteurs du projet d’extension est l’emploi, rappelons tout de même que le pâturage des bêtes en ce secteur permet d’employer un berger, un vacher ainsi qu’un fromager béarnais qui fait paitre ses brebis en vallée de Saux.
Une douzaine d’éleveurs de la vallée d’Aure et du piémont sont concernés par ces estives. Pour faire pacager leurs bêtes, ils paient une redevance à la commission syndicale. Celle-ci évidemment disparaitra lors des travaux de terrassements avec les dérangements pour les animaux et la dégradation des sols qui s’en suivra.
Rappelons également que des investissements conséquents ont été réalisés sur les lieux. La forte considération des élus et de leurs financeurs en faveur du pastoralisme a été attestée en 2009 par l’édification sur le site de La Gela d’une nouvelle cabane de berger pour un coût de 135 000 euros.
Les édiles ne déclaraient-ils pas lors de l’inauguration de cette nouvelle cabane :
« Il est absolument indispensable de maintenir les troupeaux pour l’entretien des montagnes, que ce soit dans les sites de stations de ski ou les zones touristiques telles que la vallée de la Géla ».
La conseillère générale du canton soulignait, quant à elle, l’importance au-delà de l’entretien de l’espace, que doit avoir l’agriculture en général pour rester un élément moteur de notre économie valléenne.
Si le projet se réalise, au dessus de la cabane, pistes, canons à neige, retenue d’eau verront le jour et les sols seront à jamais dégradés.
Quelle cohérence dans tout ça ?
Pour égayer quelque peu ce sinistre tableau, visionnez ces transhumances amusées de vaches ou de brebis, qui, au delà de l’humour anthropomorphique, montrent la nécessité de telles pratiques et la fierté des éleveurs de les respecter.
Pour en savoir plus sur le pastoralisme pyrénéen : Observatoire agro-pastoral des Pyrénées













On touche là un point essentiel à mon sens. Les Pyrénées françaises ne sont pas un désert humain contrairement au Haut Aragon. Le pastoralisme fait partie intégrante du paysage pyrénéen. Les hommes et les femmes qui vivent sur ces terres depuis des siècles ont également le droit d’être protégé contre l’attrait du gain de quelques uns…