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A.D.P.S.G. Association pour la Défense et la Protection des Vallées Pyrénéennes de Saux et de La Gela
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Chronique d’un massacre prémédité – 2ème partie

Le 17 mars 2011, , Président du comité régional des clubs alpins français de Midi Pyrénées et Vice Président du de Toulouse a adressé ce message à ses réseaux (voir la liste en fin d’article). Nous le relayons à notre tour.

« Dans mon précédent mail, je donnais une analyse de ce projet en m’appuyant sur un certain nombre de documents préparatoires émanant des porteurs du projet.

Je terminais en affirmant que cette prétendue extension de Piau, au-delà des dégâts environnementaux irréversibles (à l’échelle humaine) qui en découleraient, était porteuse de graves menaces….  masquées par des propos et écrits rassurants des instigateurs du projet.
Analysons donc les propos de ces porteurs du projet à savoir la Mairie d’ et le Conseil général des Hautes- Pyrénées.

Les bases d’une grande station reliée à Piau


Tout d’abord, ils évoquent officiellement, une ‘ »extension de la station de Piau » ce qui parait, de loin, assez anodin et inoffensif.
En fait, il s’agit bel et bien de la  création d’une nouvelle station de ski et la différence sémantique est tout, sauf anodine.
Et qui parle de création de cette nouvelle station : les porteurs du projet eux-mêmes qui, dans leur enthousiasme, se laissent à rêver à un équipement de toute la montagne de la Géla (hors Parc) et de la Vallée de Saux.

Ainsi, Josette Durieux, présidente du Conseil général, en 2008 déclarait lors de sa conférence de presse de rentrée, juste après avoir visité le site en escarpin et hélicoptère :

« construire, à partir du tunnel, des remontées mécaniques, sur 3 km, jusqu’à Piau-Engaly », cette nouvelle station « s’accrochant à l’autre » (sources 1)

Plus récemment,  lors d’une interview récente, à la Radio RFM,  le maire d’Aragnouet, Jean Mouniq déclarait dixit :

« un projet qui permet d’unir deux stations et qui permet de réaliser là, pour une grande station qui va faire venir beaucoup plus d’espagnols parce que gérée par eux, par le bras armé du gouvernement d’Aragon, la société … »
Plus loin, il reconnait qu »‘il perd des clients français » et que ce projet « va permettre de recueillir ailleurs une nouvelle clientèle »
Bref, il s’agit bien de créer une « nouvelle station », la dernière en France, Puyvalador ayant été créée il y a plus de 30 ans.
Cette nouvelle station sera comme le dit Jean Moniq « gérée  par le bras armé du gouvernement d’Aragon, la société Aramon » (cela en dit long sur leur méthode comme on a pu le voir à Formigal .
Là encore, arrêtons nous un instant;
Aramon, c’est le groupe des grandes stations espagnoles (Cerler 130 km de pistes, Formigual 76 km de pistes, 200 km en projet) qui base sa politique sur le développement extensif des domaines skiables qui doivent comporter 100 km de pistes minimum pour attirer une clientèle internationale et aisée.(sources 3, 4, 5)
Alors, qui va croire, un seul instant qu’Aramon va se contenter de deux télésièges et 10 km de pistes (la télécabine ne servant que de liaison avec la station Piau gérée par ailleurs par un concurrent : N’PY) ?

Qui peut croire une seule seconde qu’Aramon, une fois implanté en France, ne mettra pas en œuvre tous ses leviers d’influence (lobbies) pour obtenir de la Commune d’Aragnouet et du Préfet de Région le droit d’équiper toute la montagne de Saux et peut être même le vallon de ?

Qui peut affirmer qu’il n’en sera jamais ainsi dans trois ou cinq ans ?

Par contre, nous savons une chose :

Aramon ne vient pas en France pour jouer à la « dinette ».


En effet, à l’observation des déclarations enthousiastes des porteurs de projet, on pressent que ces aménagements ne sont que les prémisses, le cheval de Troie d’un projet bien plus ample :
Le Business plan réalisé par le cabinet Contours parle page 19 d’une station à terme comparable à Baqueira (qui a 110 km de pistes), rien de moins.
Sachant que Piau en compte actuellement 65, on évoque ainsi 35 km de pistes… ici ou là… alors que le projet déposé en préfecture n’inclus que 10 km effectif. Ce n’est pas moi qui l’écrit mais le Préfet des Hautes-Pyrénées dans un courrier du 7 février 2011.
Mais où sont donc les 25 km manquant ???
Bref, ne soyons pas naïf, derrière cet aménagement déguisé sous le terme « extension », c’est bien une grande station qui est en train de naitre et qui va priver les montagnards, les promeneurs mais aussi les bergers et éleveurs d’une partie de la vallée de la Géla mais aussi, à terme de toute la montagne de la vallée de Saux à savoir, tout , le port de Bielsa, les pentes sous le pic de Marioulle.
Vous en doutez, vous souhaitez des preuves ?…, nous n’en avons pas mais nous avons des présomptions particulièrement troublantes à notamment le plan de classement des zones consultable Ici qui rend quasiment impossible toute implantation de nouvelle station de ski.

Un « massacre » prémédité de longue date


Vous observerez que la totalité de la zone frontière allant de l’Océan jusqu’au Val d’Aran soit plusieurs centaines de kilomètres est protégée soit par le Parc National, soit par un classement Natura 2000
SAUF…….
la partie est de la vallée de la Géla et la vallée de Saux dans son ensemble.
C’est à peine croyable !!!
Vérifiez vous même ! (sources 6 et 7)
En fait, lors de la désignation des zones Natura 2000, le Maire d’Aragnouet s’était bizarrement opposé à tout classement de ce secteur, dont il assure la gestion administrative.
La commune d’Aragnouet va probablement nier cette analyse en avançant qu’elle propose le classement d’une partie de la vallée de Saux  « en compensation des effets résiduels » de cet aménagement.
Effectivement, dans le dossier de demande d’autorisation de création d’une unité touristique nouvelle (a), page 209, cela apparaît….au milieu d’étonnantes formulations.  Ainsi,  le porteur de projet (le maire d’Aragnouet) écrit : « un certain nombre de mesures peut être avancé »….. »la commune d’Aragnouet serait disposée à s’investir dans une démarche active pour……étendre vers l’ouest (le) site Natura 2000 Rioumajou Moudang en incluant le secteur Bataillence Catchet »….
« …peuvent être avancées »…, « serait disposée à s’investir dans une démarche »…  Que de précautions oratoires, en l’occurrence rédactionnelles.
Finalement, il n’y a là que de vagues propositions, qui n’engagent que ceux qui y croient……
De plus, ces propositions ne sont que la parole d’un maire qui pourrait être remise en cause par un autre ….lors du prochain mandat municipal.
Bref, le « massacre » des vallées de la Géla et de Saux apparait bel et bien prémédité…
Les mots sont forts… mais ils sont à la hauteur des enjeux environnementaux…

48 espèces animales protégées …menacées par cette station


En effet, sur la zone d’étude qui déborde de peu l’emprise du projet, on a recensé non pas UNE mais …….48 espèces animales protégées au niveau national (voire international) 48 espèces menacées par les câbles des remontées mécaniques, les terrassements des pistes, la pollution de l’eau du fait des rejets et de la neige artificielle,  la circulation de véhicule sur la piste, le bruit pendant le chantier et pendant l’hiver, etc, etc!
(voir chapitre 1, pages 69 à 89 de l’ bientôt consultable en Mairie d’Aragnouet et en Préfecture de Tarbes)
En matière de flore, 367 espèces ont été recensées dont deux protégées au niveau national.

Un dossier qui fera « jurisprudence »


Ainsi, si ce dossier est accepté en Comité de Massif le 16 juin prochain (avis consultatif),
si le Préfet de Région valide ce projet
si le tribunal administratif rejette les recours qui pourraient d’être déposés contre la création de cette nouvelle station,
alors,
de toute part, dans les Pyrénées, les projets de liaison, d’aménagement, de construction de sites « panoramiques » vont être déposés car, il y aura eu un précédent emblématique : la création de toute pièce d’une station à quelques centaines de mètres d’un site classé au patrimoine mondial de l’Unesco, sur une zone où volent aigles royaux et gypaète barbus, ou barbotent le Desman et l’Euprocte des Pyrénées et où vivent 44 autres espèces hautement protégées au niveau national voire international.

Si ce projet se réalise, c’est un peu comme si la France, en 1914, avait perdue la bataille de la Marne.
Imaginez la suite…. »
Bruno Serraz

Président du comité régional des clubs alpins français de Midi Pyrénées
Vice Président du de Toulouse

Mobilisez vos familles, vos collègues, vos élus
Consultez le site : http://www.sauvons-la-gela.org
Participez au rassemblements à venir devant la Préfecture de Région, Place Saint Etienne à Toulouse le 16 juin
sources
(a) Denis Maubé, vice président du Comité régional est destinataire de cette UTN en tant que membre du comité de Massif
Copie à
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